Naître dans le néant que forment deux parents.
Comme une balafre de fusain
J’avais dans l’if du soir
Rayant un astre pâle
Vu le premier poème.
Les bracelets des femmes
Cachent des soirs
Tranchants
Et la montre sans fin
Trotte
Vers le matin.
A la terrasse des cafés
On regarde
Le bruit
Sans rien dire.
Voluptueuses volutes vaporeuses
ton cigare de valeur
comme
l’acre et valeureuse odeur
des vieux fruits mols
traînant
aux pieds des saisons closes.
Je te voyais fumer
dans le jardin des filles.
Luminescent
le soir s’insinuait
dedans-parmi
les jeunes herbes batailleuses.
Tes pensées s’occupaient
à dénouer le plâtre antique
de tant de poses féminines posées là.
Un instant
je me suis posée avec
sur un socle de temps compté
un instant
quand j’ai redit
à cause des hautes chaussures vernies de la veille :
Dieu, que mes pieds me font mal !
TU VOULUS
nous noyer
dans le chagrin
des morts
par deux, par toi
multipliés.
J’avais l’eau
dans la bouche
et dans des yeux ouverts
j’ai vu la flamboyance
parme
des roses surgissant.
Tes morts ont conversé
et se groupant
ensemble
au fond
ils ont bien ri.
Tant et tant
qu’ils en sont re-morts
vraiment
n’ont pas VOULU.
LE JOUR ET LA NUIT
Quand tu as déplié ton souffle
Sur la vie aux quatre coins penchés
Ton nom est tombé dans un mot
On a dû avaler nos langues
Pour te parler avec le cœur
Des dents de craie ont disparu
Broyer ton rire dans l’estomac
LE JOUR ET LA NUIT
Avec ses bottines violettes
Elle marche à pas de printemps
Elle en a commandé des bleues
Pour pousser le soleil du pied
Les noires aux longs lacets attendent
Bien rangées au fond du placard
LE JOUR ET LA NUIT
Il était au creux de midi quand
Au bout d’un long chemin de terre
Gonflé comme un ballon de verre
Le mimosa s’est élancé
Dans son bleu ciel
Avec nos mains gelées on a mis nos yeux
Dans l’ombre quand
Miré dans son miroir
Le soleil osa mimer
Les mânes et l’or du mimosa.
La bouche pleine de brume
On a dévoré
Les rayons
Pour voir comme c’est
À l’envers
Un oiseau rond couleur de prune
Dans l’abri jaune
A disparu
Alors on est rentré aussi
Mâcher du lait dans un grand lit
LE JOUR ET LA NUIT
L’oeil regarde trois colonnes
La quatrième est au désert
Comme le silence est dans l’ombre
LE JOUR ET LA NUIT
La journée passe à la saisir avec des moufles. Le soir fait déjà sa pelote derrière l’immeuble. Les doigts crissent une chaleur noire contre les radiateurs. Tout est brûlant dans la maison : la soupe, le délassement de l’âme, les lentilles, l’étirement de l’esprit et le miel dans le lait, le dénouement de la fiction. Il faut encore laver sa langue à l’eau salée. Faire sa prière de lendemain.
LE JOUR ET LA NUIT
Le soleil refait sa pelote en arrière
Des yeux se plantent comme une lumière
Dans la trame rimée d’un regard qui répond
Et l’enfance s’arrête en plein milieu du pont
Des doigts épinglent la chevelure mangue
Einstein joue du violon avec sa langue
Du pied la porte se repousse et les draps blancs
Où crissent des croquis de couples s’accouplant
LE JOUR ET LA NUIT
L’aveu à présent a passé.
Demain a pris fin. L’attente.
Hier encore s’est renversé.
Les paroles elles s’absentent
LE JOUR ET LA NUIT
Ils vont vers toi les oiseaux verts,
Reviennent, cachés dans l’arbre.
L’aile aux feuilles tisse les vents,
Compose un air à demi bleu.
Quand l’or vermeil étreint le ciel,
Brûle le cœur, éteint mon chant,
En son silence s’allie le soir
Quand je meurs seule et que ça bruit.
• les cours
• poèmes
• info & divers
• galerie
• contacts